Même si c'est long et parfois douloureux, le quilting est indispensable. En effet, il embellit et donne du relief, mais son rôle n'est pas seulement décoratif.

Souvenez-vous que vos pièces de tissu ne sont assemblées que par un fragile point avant, et que votre ouvrage sera soumis à de nombreuses contraintes: son propre poids s'il est suspendu au mur, et des mouvements divers s'il est destiné à couvrir un lit ou un fauteuil. Le quilting sert ainsi à stabiliser les pièces de tissu et à maintenir le molleton bien en place.

Pour être honnête, je dois vous avouer que j'ai eu moi aussi quelques démêlés avec le quilting quand j'ai commencé le patchwork. J'ai d'abord appris seule avec ce livre,

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Qui donnait des instructions très claires pour le piécé, et très brèves pour le quilting: "coudre à petits points devant sur le tracé de crayon". Je m'étais donc contentée de souligner les différentes pièces au point avant, avec un fil à coudre pour tissus épais.

La situation s'est compliquée quand j'ai pris des cours avec un professeur qui m'a fait acheter un tambour, des aiguilles minuscules -deux centimètres de long- un deuxième dé pour ma main gauche, une petite cuiller...  Et qui m'a expliqué -démonstration à l'appui- qu'une bonne quilteuse fait tenir au moins sept points sur son aiguille!

J'ai poliment écouté et observé, un peu essayé, cassé la première aiguille, tordu les deux suivantes, grommelé des mots fort grossiers...

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Comme vous le voyez -ou pas- sur la photo, une fois rentrée à la maison je me suis contentée d'un point avant -bien caché dans les coutures pour que mon professeur ne puisse pas trop contrôler la qualité!-  J'ai appris bien plus tard que cette façon d'opérer s'appelle le quilting in-the-ditch. J'ai décidé en tout cas à l'époque de me concentrer sur la régularité des points sans m'occuper de leur taille. 

Puis petit à petit, j'ai apprivoisé le geste. Et le quilting est devenu pour moi un réel plaisir: une sorte de moment privilégié pendant lequel je m'approprie définitivement mon ouvrage...

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Au fil du temps, je me suis constitué un petit matériel un peu hétéroclite, mais où chaque objet joue son rôle. Vous pouvez cliquer sur la photo pour l'agrandir...

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Pour le marquage des motifs de quilting, j'utilise soit un feutre qui s'efface à l'eau, soit le stylo-bille magique qui disparaît à la chaleur du fer à repasser. Jamais de crayon de papier, j'ai toujours peur que ça ne parte pas au lavage. Mais pour les tissus foncés, un crayon de couleur blanc ou une craie de tailleur sont aussi bien pratiques.

Si le motif est complexe, je découpe un pochoir dans du bristol avec les petits ciseaux noirs de précision. On les appelle des ciseaux à silhouetter, ils viennent d'une boutique de beaux-arts. Bien évidemment, on peut aussi acheter un pochoir en rhodoïd en boutique spécialisée... ou au rayon peinture des grandes surfaces de bricolage!

Quand l'ouvrage n'est pas trop grand, au lieu d'employer un pochoir, je décalque le motif par transparence AVANT de préparer le sandwich, avec ma boîte à lumière. C'est une caisse à vin avec un couvercle en plexiglas, et une ampoule à l'intérieur...

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Si le motif est constitué de simples lignes droites, le stylo est inutile: il suffit de tracer les lignes avec la lame d'un couteau à beurre ou avec du scotch de marquage. 

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Le sandwich, maintenant: au lieu de scotcher les tissus sur le carrelage, je les fixe avec des pinces aux bords de ma table de fer forgé -sur la terrasse l'été et dans la cuisine l'hiver. C'est une idée que j'ai piquée à Nat en visionnant une de ses vidéos. Les trois épaisseurs sont bien mieux tendues qu'avec de l'adhésif, et mes genoux et mes lombaires me remercient! On trouve les pinces à dessin en papeterie, et les pinces rondes au rayon bricolage.

J'ai essayé comme Nat de monter mon sandwich avec des épingles de sûreté, mais j'ai vite renoncé; sa méthode est mieux adaptée au quilting à la machine. Pour le quilting à la main le fil s'accroche dedans: le bâti est préférable même si c'est très long! C'est là que la petite cuiller trouve son utilitéelle permet de remonter le nez de l'aiguille sans s'abîmer les doigts.

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Je préfère utiliser mes restes de bobines de fil à coudre aux couleurs improbables plutôt que du fil à bâtir, c'est plus facile à enfiler. Il faut en effet des aiguilles  longues et assez fines pour ne pas marquer les tissus.

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Ca y est, le quilting peut commencer. Les aiguilles à quilter doivent être courtes (mais pas trop) et SOLIDES, donc de bonne qualité! Le chas est petit, il faut parfois s'aider de l'enfile-aiguilles.

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Un tambour ou un cadre est à mon avis essentiel, surtout pour les grands ouvrages. On a ainsi les deux mains libérées; celle du dessus manie l'aiguille, celle du dessous vérifie que le fil a bien traversé les trois épaisseurs du sandwich.

Deux écoles s'affrontent: les puristes qui tendent leur sandwich au maximum pour faire des points minuscules, et les fumistes quilteuses décomplexées comme moi qui laissent un peu de "mou": ma main doit pouvoir toucher la table à travers le top.

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Je n'ai pas de tambour sur pied -240 euros!- mais un grand tambour de quarante centimètres de diamètre que je pose en appui partiel sur la table ou sur l'accoudoir du fauteuil. Pour éviter de trop me pencher en avant, j'utilise un repose-pieds. 

 

Au majeur de la main quilteuse -la droite pour moi-  un dé à rebord.

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Il faut en effet piquer l'aiguille à la verticale, puis lui imprimer un mouvement de bascule -il y a de très bonnes vidéos sur le net-  et le rebord facilite ce mouvement de "rocking".

Pour la main gauche, je crois que j'ai tout essayé... 

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Alors j'alterne selon les moments; parfois avec un dé classique sur le majeur, parfois juste avec la pulpe de l'index... Sachez qu'avec un dé, on fait généralement des points plus petits.

Dans la trousse à dés, vous avez peut-être remarqué des objets bizarres qui ressemblent à des petits condoms: ce sont des doigtiers achetés en pharmacie. J'en enfile un sur l'index pour mieux agripper l'aiguille.

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Côté fil, j'aime bien varier les plaisirs: coton perlé, fil pour draperies et tissus épais, fil à quilter classique...

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Pour Composition Florale, j'emploie la grosse bobine de câblé six brins en haut à gauche. Je l'ai acheté en brocante et je le trouve très plaisant: facile à enfiler, il ne vrille pas, ne fait pas de noeuds, ne s'use pas, et il est en pur coton.

Si on utilise du coton perlé ou du fil à broder, il est pratique de le cirer pour qu'il glisse mieux. Je me suis procuré en magasin de sport un bâton de wax théoriquement destiné à cirer la corde de l'arc, mais on peut aussi frotter l'aiguillée de fil sur le culot d'une bougie blanche.

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Voilà, je crois que vous connaissez désormais tous mes petits trucs.

Juste un dernier conseil, mais il est absolument primordial: ne comptez JAMAIS combien vous faites de points au centimètre... l'important, c'est que le travail soit fait!

Happy quilting,

Muriel

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